Dans la forêt des Coulmes, on disait autrefois qu’il fallait rentrer avant que le dernier rayon de soleil ne quitte les hêtres. Car lorsque le soir descendait entre les troncs, les chemins semblaient changer de place.

La lumière de la clairière
Un jeune voyageur, surpris par la nuit, aperçut un soir une lumière douce au fond d’un vallon. Il pensa trouver une maison et quitta le sentier. Mais la lumière reculait à mesure qu’il avançait.
Enfin, il arriva dans une clairière où dansaient des silhouettes vêtues de blanc. Leurs pas ne courbaient pas l’herbe. Une musique légère montait de la source, et leurs voix ressemblaient au vent dans les feuilles.

Le cadeau des fées
L’une des silhouettes s’approcha. « Tu es entré dans notre bois, voyageur. Que viens-tu y chercher ? » Le garçon répondit qu’il ne désirait qu’un chemin pour rentrer chez lui.
La fée lui montra une pierre blanche près du ruisseau. « Suis l’eau jusqu’à cette pierre, puis marche sans te retourner. » Il obéit. Derrière lui, il entendit encore les rires et les chants, mais ne tourna pas la tête.
Le secret des Coulmes
Au matin, il retrouva son village. Personne ne crut son histoire, jusqu’à ce qu’il montre dans sa main une petite feuille argentée, aussi fraîche que si elle venait d’être cueillie.
Depuis lors, dit le conte, ceux qui traversent les Coulmes avec respect retrouvent toujours leur chemin. Quant aux imprudents qui poursuivent les lumières de la nuit, nul ne sait combien de temps ils restent à danser avec les fées.