Contes et légendes du Vercors

Mémoire des montagnes, récits des anciens et mystères du Dauphiné.

Le loup de la fontaine de Villard

À Villard, la fontaine était le cœur du village. Les femmes y puisaient l’eau, les enfants s’y attardaient, et les anciens y échangeaient les nouvelles. Pourtant, on racontait qu’après la tombée du jour, il valait mieux passer son chemin.

Gravure de loup par Gustave Doré

Une rencontre à la fontaine

Un soir d’hiver, un homme revenait des champs lorsque sa cruche lui glissa des mains. Au bord de la fontaine se tenait un loup. Son pelage était sombre, ses yeux brillaient, mais il ne montrait ni les crocs ni la moindre envie de fuir.

L’homme voulut crier. Aucun son ne sortit de sa bouche. Alors le loup inclina lentement la tête, comme s’il comprenait sa peur.

Loup dans une gravure de Gustave Doré

La bête qui n’était pas comme les autres

Le villageois recula d’un pas. Le loup avança du même pas. Il recula encore, et la bête le suivit sans bruit. Puis, soudain, les cloches sonnèrent au loin. L’animal dressa les oreilles et disparut derrière les maisons.

Quand l’homme raconta son aventure, chacun eut son explication. Certains parlèrent d’un loup ordinaire. D’autres jurèrent qu’aucune bête sauvage ne se serait tenue si tranquillement auprès de l’eau.

Ce que murmure l’eau

Longtemps, les habitants répétèrent l’histoire de ce loup qui semblait connaître les hommes mieux qu’ils ne se connaissaient eux-mêmes. Et lorsque le vent agitait l’eau de la fontaine, les enfants demandaient encore si la mystérieuse bête reviendrait.

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